La santé des travailleurs ne doit pas se jouer à la roulette russe !

     Avec le sinistre décompte du nombre de décès et de malades, chacun d’entre nous mesure la gravité de cette épidémie et l’enjeu à respecter les mesures de confinement pour se protéger et protéger les autres.

      Cela nécessite des sacrifices, surtout pour les familles ouvrières. Mais le pire est de voir toutes ces précautions anéanties parce que patronat et gouvernement veulent que les affaires continuent.

     Le week-end, les travailleurs sont sommés de se cloîtrer, ils sont regardés de travers quand ils se permettent de faire le tour du pâté de maisons avec leurs enfants. Et le lundi, ils doivent prendre les transports, franchir à plusieurs centaines les mêmes tourniquets et se confiner à 50, 100, 200 dans un atelier où ils se partageront les outils, les uns à côté des autres à Airbus, Amazon, La Redoute…

     Le gouvernement met en danger la vie de millions d’ouvriers, d’employés, de techniciens et prend le risque d’affaiblir l’efficacité du confinement général. Pourquoi ? Uniquement pour assurer la continuité des profits de la bourgeoisie !

     Parce que ce n’est pas en fabriquant des hélicoptères de combat, des paquebots de croisière ou du rouge-à-lèvres que nous allons combattre le virus ! Pénicaud a poussé les capitalistes du BTP à redémarrer. Si c’était pour lancer la construction d’hôpitaux de campagne, comme la Chine a su le faire, on comprendrait, mais ce n’est pas le cas !

     Faire tourner les entreprises à l’heure où le personnel de santé supplie que nous respections un confinement strict est une décision criminelle. Et cela n’a rien d’inconscient, c’est volontaire et réfléchi : c’est un choix de classe. Depuis le début de l’épidémie, chaque décision gouvernementale est pesée, calculée en fonction des intérêts des capitalistes. Quant à la vie des travailleurs, elle ne compte que pour suer des profits !

     Alors, il n’y a pas « d’union nationale » qui tienne ! Il faut que les travailleurs se défendent et refusent de servir plus longtemps de chair à profits pendant que les dirigeants et les actionnaires sont planqués à l’arrière. Il faut obtenir, collectivement, l’arrêt immédiat des entreprises non indispensables à la lutte contre l’épidémie et à la vie sociale.

     Et il faut que tous les moyens possibles soient mis à la disposition de la lutte sanitaire. Nous payons aujourd'hui les fermetures d’hôpitaux, les suppressions de lits et de personnel de ces dernières décennies. Autour de 2011, le ministère de la Santé a décidé d’abandonner le stockage de masques pour économiser 60 malheureux millions d’euros par an ! On mesure combien toutes ces économies sont criminelles. Tout cela ne se rattrapera pas.

     Mais cela fait plus de deux mois que l’on voit arriver la catastrophe et alors que Macron a mobilisé tout le pays pour mener la guerre sanitaire, les troupes médicales continuent de manquer de masques et de tests ! Les aides à domicile soignent des personnes à risques sans même savoir si elles ne sont pas elles-mêmes porteuses du virus. Que doivent-elles faire ? Croiser les doigts pour ne pas répandre l’épidémie ? Alors oui, le personnel de santé a courageusement répondu à l’appel. Mais il est envoyé au front dans des conditions révoltantes et le paye déjà par plusieurs morts.

     Quant à la santé des caissières, des éboueurs, des électriciens, des camionneurs, des conducteurs de bus, des postiers… appelés à assurer les activités essentielles, le gouvernement s’en est moqué jusqu’à ce que les protestations et les droits de retrait se multiplient. Maintenant, il propose à leur employeur de leur verser une prime de 1000 €. Pour acheter leur santé et celle de leur famille ? C’est grossier !

     Les travailleurs qui œuvrent dans les domaines vitaux font la démonstration de leur conscience collective. Mais ils n’ont pas à accepter de jouer à la roulette russe avec leur vie ! À l’Assemblée nationale, les micros sont nettoyés après chaque intervenant par les huissiers… eh bien les petites mains indispensables à la vie sociale n’ont pas à être traitées moins bien que les députés et les sénateurs !

     Et ceux qui ne travaillent pas n’ont pas à payer le confinement avec leurs journées de congés payés ou de RTT, comme le gouvernement veut le rendre possible avec l’état d’urgence sanitaire.

     Cette crise sanitaire est un miroir grossissant des inégalités et du mépris de classe de notre société. Elle jette une lumière crue sur l’incurie de nos gouvernants et sur l’irresponsabilité de notre organisation sociale. Eh bien, faisons aussi en sorte qu’elle soit un électrochoc et qu’elle nourrisse la révolte contre cet ordre social conçu pour que quelques-uns s’enrichissent avec la peau de la grande majorité !

Le 23/03/2020

Coronavirus : les défis d'une pandémie, la faillite d'une organisation sociale

16/03/2020 éditorial des bulletins d'entreprise

Comme toute épidémie, celle du coronavirus est un défi lancé à la société. Mais elle révèle aussi l’irresponsabilité de notre organisation économique et sociale. Quant au mépris de classe, il suinte par tous les bouts.

Face à la catastrophe, le gouvernement a pris des mesures inédites en fermant crèches, écoles, collèges, lycées, facultés ainsi que tous les lieux de sociabilité. Et lundi soir, Macron a encore appelé à réduire les déplacements au nécessaire et à rester chez soi. Ces mesures sont compréhensibles.

Mais quand Macron déclare que la santé doit passer avant tout le reste, il y a de quoi être en colère. Depuis qu’il est au pouvoir, c’est la santé des profits et des banquiers qu’il a fait passer avant tout le reste, exactement comme l’avaient fait tous ses prédécesseurs. Et aujourd'hui, pour beaucoup, le mal est fait !

On le voit avec ce qui se passe à Mulhouse et à Colmar : les hôpitaux sont incapables d’encaisser le choc d’un trop grand afflux de malades. Ils remettent à plus tard des interventions importantes, renvoient des malades chez eux et font prendre de plus en plus de risques à leur personnel.

Et Macron ne peut pas dire qu’il ne savait pas car cela fait des mois que le personnel hospitalier tire la sonnette d’alarme. Cela fait des années que l’on déplore les déserts médicaux. Des années aussi que les chercheurs, y compris en virologie, dénoncent la baisse de leurs moyens. Aujourd'hui, la catastrophe est là.

Le personnel des hôpitaux est en première ligne. Nul doute que les ambulanciers, aides-soignantes, infirmières, médecins… feront leur maximum et travailleront jusqu’à l’épuisement. Mais ils n’ont jamais voulu jouer « les héros en blouse blanche ». Tout ce qu’ils demandent, ce sont des moyens matériels et humains qui n’arrivent toujours pas malgré la « mobilisation » !

En deux mois, qu’est-ce que le gouvernement a organisé, planifié pour fournir le système de santé en respirateurs, masques ou gel hydroalcoolique ? Il y a une semaine, Le Maire a fait un plan d’urgence pour les entreprises et les financiers. Où est celui susceptible de répondre aux besoins matériels et humains des hôpitaux ? Jusqu’à lundi, on fabriquait encore des voitures, des armes ou des cosmétiques, mais toujours pas de masques ni de gants en quantité suffisante !

Quant aux travailleurs, le gouvernement fait comme s’ils étaient résistants au coronavirus car les mesures de confinement drastiques ne s’imposent toujours pas aux entreprises non vitales.

Ce lundi, des millions d’ouvriers de l’industrie ou du bâtiment, des employés, des caissières ou des agents d’entretien ont dû aller au travail et combien le seront encore cette semaine ? Combien devront encore prendre les transports en commun ? Combien se retrouveront confinés à 100, 200, 500… dans des ateliers ou des grandes surfaces ? Et pour faire suer des profits aux travailleurs, aucun patron n’exige un mètre de distance ! Et ne parlons pas de nettoyer ou désinfecter les postes de travail !

On le vit tous les jours, mais cette épidémie le confirme : quand on fait partie des exploités, on n’est rien de plus que de la chair à profits !

Et comme toujours dans cette société, les plus riches auront bien plus les moyens de se protéger. Rester confinés dans leurs belles propriétés ne leur posera d’ailleurs pas de problème et ils n’auront pas le souci d’avoir leur compte bancaire à découvert.

Les salariés les plus précaires risquent, eux, de se retrouver dans une situation dramatique. Combien vont perdre les quelques heures de travail qui leur permettaient de vivre ? Combien vont devoir se battre pour faire respecter leur droit à garder leurs enfants et pour être indemnisés ?

Le Maire explique que les entreprises seront aidées, et pour ça, nous pouvons le croire. Mais il ne s’est pas engagé à ce que l’État compense la perte de salaire pour ceux qui, au chômage partiel, ne toucheront que 84 % du net. Eh bien, c’est ce mépris de classe qui provoquera tôt ou tard l’explosion sociale !

Aujourd'hui nous payons pour un système où les intérêts de la bourgeoisie passent toujours avant ceux des exploités et de la collectivité. Nous payons l’incurie de nos dirigeants aveuglés par les lois du marché, du profit et de la propriété. Eh bien, il ne faut plus que les travailleurs se laissent faire !

Les entreprises non indispensables doivent être fermées. Les emplois et l’intégralité des salaires, primes comprises, doivent être garantis à tous les travailleurs, y compris ceux en CDD ou en intérim ! Tous les moyens doivent être mobilisés pour les hôpitaux et la santé publique. Se protéger du coronavirus et éradiquer le virus du profit et de la rapacité patronale font partie du même combat.

Votez Lutte ouvrière - Faire entendre le camp des travailleurs

Alors que de nombreux candidats, qu’ils soient dans la majorité ou dans l’opposition, cachent leur appartenance politique, Lutte ouvrière présente des listes dans 240 villes sous le même drapeau, celui du camp des travailleurs.

Ces listes sont à l’image de celles et ceux qui travaillent et vivent dans la ville : ouvriers de l’automobile à Montbéliard, Valenciennes ou Poissy; ouvriers et employés de la chimie dans la région lyonnaise ; ouvriers de l’aéronautique dans l’agglomération toulousaine… et partout, des cheminots, des conducteurs de bus, des aides à domicile, des agents de sécurité et d’entretien, des infirmières et des aides-soignantes, des enseignants, des caissières, des employés de banque et d’assurances…

Ce sont, à l’échelle nationale, des travailleuses et travailleurs qui ont en commun de partager les difficultés des classes populaires et la même révolte contre le grand patronat. Ensemble, ils font la démonstration que les travailleurs n’ont pas besoin de porte-parole, de notables, d’avocats et encore moins de chefs ou de directeurs pour être représentés.

Loin de tout carriérisme et clientélisme, ils portent les intérêts généraux des travailleurs. Ils ne font pas l’habituel catalogue de promesses aussi démagogiques que mensongères. Leur programme se résume en une phrase : être du côté des exploités et des plus pauvres contre les riches, en toutes circonstances. Être de tous les combats pour faire respecter les droits et les intérêts des travailleurs dans les entreprises et dans les communes où ils vivent.

À l’échelle d’une municipalité, il y a bien des choses à faire, car les intérêts des plus riches, ceux des promoteurs, des propriétaires, des banques et des grandes entreprises passent avant ceux des travailleurs et des plus pauvres.

C’est ce que dénoncent les associations et collectifs qui se battent contre les expulsions locatives et le mal-logement, contre les expulsions de sans-papiers, contre les fermetures de bureaux de poste ou de classes, le harcèlement de la police et les contrôles au faciès… Jusqu’aux collectifs d’habitants qui se battent contre des factures d’eau indues ou pour que les bailleurs réparent des ascenseurs parfois en panne pendant des semaines.

Pour les travailleurs, rien ne tombe jamais du ciel. Du grand patronat et du gouvernement, ils n’ont à attendre que de nouveaux coups, mais pour s’en protéger, ils ne peuvent pas vraiment compter sur les municipalités. Ce n’est pas qu’elles soient toutes vendues aux plus riches, même si certaines le sont. C’est surtout que les municipalités sont de plus en plus étranglées financièrement car l’État ne peut pas arroser la bourgeoisie de milliards d’euros et trouver aussi l’argent nécessaire aux collectivités, aux hôpitaux ou à l’éducation.

Le maire se retrouve dans la situation de répartir la misère alors qu’avec la crise, les besoins sont de plus en plus importants. Et les travailleurs sont amenés à prendre eux-mêmes de plus en plus de choses en mains, comme ces mères qui s’organisent dans les cités populaires pour que leurs enfants ne tombent pas dans l’engrenage de la loi des bandes ou des trafiquants. Pour interdire la circulation de la drogue et chasser les dealers, elles sont d’ailleurs bien plus efficaces que les cowboys armés jusqu’aux dents envoyés par l’État !

Une municipalité LO encouragerait et participerait à ces initiatives. Elle impulserait d’autres combats afin d’arracher l’argent nécessaire pour la santé, l’emploi, le logement, la culture… Elle militerait pour que les travailleurs demandent des comptes au gouvernement et pour que le grand patronat paye. Car celui-ci est le premier responsable de la catastrophe économique, sociale, humanitaire et écologique dans laquelle nous nous enfonçons.

Une ville ne peut pas être une île paradisiaque dans un océan de chômage et de misère grandissante, et surtout pas dans cette période de crise où la rapacité de la bourgeoisie est décuplée. Les travailleurs doivent être conscients que le combat à mener est celui de changer la société.

En votant pour les listes « Lutte ouvrière-Faire entendre le camp des travailleurs », vous direz que les travailleurs ne doivent plus faire confiance aux politiciens dont le seul but est de servir la soupe aux bourgeois. Vous défendrez l’idée que la classe ouvrière doit s’unir et défendre ses intérêts face au grand patronat. Vous afficherez le rouge, la couleur des travailleurs qui relèvent la tête, la couleur des grèves, des révoltes et des révolutions parce qu’il en faut une pour mettre fin à la folie et la barbarie de la société capitaliste !